Marie Baldassari : Des ailes et des elles

Côté cour – Le plein d’énergie

Elle aimerait bosser sur les matériaux « intelligents », innover, notamment dans les secteurs de l’aéronautique et du spatial, et elle aime s’engager. Dans l’associatif, pour faire vivre et avancer son établissement, mais aussi pour l’égalité des femmes et des hommes. Des ailes et des « elles » ne suffisent pas à résumer cette étudiante très active : Marie Baldassari a de l’énergie à revendre, côté cours comme dans ses loisirs.

Quand on lui demande ce qu’elle aime, la réponse n’est pas banale : « j’aime beaucoup les matériaux intelligents ! » Et notamment les piézo-électriques, des corps, qu’elle a découverts au lycée et qui l’ont fascinée, qui ont la capacité de se polariser électriquement sous une contrainte mécanique et réciproquement de se déformer lorsqu’on leur applique une tension électrique. Marie Baldassari a donc fait le le choix de passer un bac S, spécialité maths, décroché 2015 à l’EIB (école internationale bilingue) à Paris, avant d’intégrer la formation d’ingénieur de l’UTBM puis d’opter pour la filière Génie mécanique et conception en septembre 2017.

Et oui, confirme-t-elle, elle aimerait « bosser sur les matériaux », comme sur ces fameux piézo-électriques. Des matériaux sur lesquels on parie beaucoup en ce moment, par exemple dans l’aéronautique et le spatial, secteurs qui la branchent particulièrement. « Parce que c’est là où il y a le plus d’investissements, donc le plus d’innovation », explique-t-elle. Et donc moyen de relever « des challenges ». « On pourra développer des matériaux pour des fusées ou des jets qui iront dans l’espace et pourront résister à des conditions météo et à un environnement difficiles. C’est intéressant. », poursuit-elle. « Et qui ne rêve pas d’aller plus haut ! »

Marie Baldassari est la petite dernière d’une famille de cinq enfants. Où tous, deux garçons, deux filles, ont plutôt apparemment tendance à savoir ce qu’ils veulent. Comme elle, qui « voulait faire comme [s]on père, ingénieur », confie-t-elle. Et elle avoue aussi, en plus, se mettre « toute seule la barre très haut » pour « rattraper » ses frères et sœurs : « mon grand frère était ingénieur informatique et travaille maintenant chez Facebook, mon autre frère est doctorant, une de mes sœurs veut être médecin et l’autre est à l’université d’Oxford ! » Tous devant et elle derrière ? Pas vraiment, mais ils ont tous un peu valeur de modèle.

Innover oui, mais dans la recherche ou en entreprise ?

Il faut dire qu’ils ont eu un parcours pas banal. Marie n’avait que 8 ans quand son père a été muté aux États-Unis, dans la ville industrielle de Détroit, dans le Michigan. Elle y vivra deux ans avant de revenir en France avec ses parents et ses sœurs, alors que ses frères prendront leur « envol » aux États-Unis. Et l’expérience la marquée. « Être expat’, c’est comme vivre le rêve américain », se réjouit-elle. Expérience internationale qui a d’ailleurs aussi motivée le choix de l’UTBM : elle voulait se « rapprocher de l’Allemagne », explique-t-elle, parce qu’elle gardait justement un très bon souvenir des allemands rencontrés dans son école ouverte aux expatriés.

Et elle en pince donc pour l’innovation, même si la suite, pour l’instant, lui pose « un dilemne » : poursuivre en doctorat pour faire plutôt de la recherche et « être experte », ou se lancer directement dans le monde du travail… Mais en attendant de choisir, et comme elle aime être active, Marie Baldassari s’investit aussi fortement dans le fonctionnement de son établissement et la vie associative. Après avoir représenté ses homologues au CEVU[1] et élue-étudiante au bureau du département du Tronc commun, elle a été élue en mai 2015 au conseil académique de la COMUE Bourgogne Franche-Comté[2] , instance qui émet notamment des avis en matière d’orientations des politiques de formation et de recherche.

« J’ai toujours eu pas mal d’activités. J’ai beaucoup trop d’énergie et si je ne fais rien, j’ai l’impression de m’ennuyer. Quand on aime ce que l’on fait on y arrive ! »

Elle fait aussi partie de l’association des étudiants (AE) depuis février 2016. Au sein de cette association qui fédère les clubs, ce qu’elle aime particulièrement, c’est la communication graphique. Faire des affiches ou encore contribuer à des tournages vidéo pour promouvoir l’AE. Pratique pour quelqu’un qui aime la photo, manipule désormais des logiciels de retouche et d’illustration et se dit « à l’aise à l’oral ». Ce qui lui permet d’intervenir souvent auprès des étudiants, à qui elle aime vanter les mérites de l’associatif et l’intérêt d’adhérer à l’AE. « L’UTBM ouvre énormément de portes mais ça n’empêche rien, bougeons-nous ! », aime-t-elle leur dire.

Quant à sa passion de la photo, qui la mènera dès son arrivée à l’UTBM au club dédié à cette activité, elle lui aura valu d’être sollicitée très vite pour participer à la vie de l’établissement. « Je me suis faite traquenardée ! », s’amuse-t-elle. « Pour couvrir d’abord des soirées, puis des événements plus importants comme le Gala et le Festiv’UT. »

Son investissement, elle le transporte aussi « hors les murs », puisqu’elle a également travaillé pour le FIMU, le Festival international de musique universitaire organisé chaque année à Belfort le week-end de la Pentecôte. Elle y avait ainsi coordonné l’équipe étudiante chargée de relayer l’événement via des vidéos, des photos… sur les réseaux Facebook et Twitter.

Lutter contre le sexisme

Au-delà du plaisir qu’elle y prend, l’associatif, dit-elle, lui apporte beaucoup. « On acquiert autant de compétences, voire plus, qu’en formation. » Celle-ci cite par exemple le travail mené pour valoriser l’engagement étudiant dans le diplôme d’ingénieur, travail qui s’inscrivait dans la mise en œuvre, dans tous les établissements d’enseignement supérieur, du décret du 10 mai 2017[3]. « Il a fallu répertorier tous les postes de l’associatif, définir les compétences qu’ils permettent d’acquérir, prévoir des entretiens annuels pour les valider… afin que le projet soit acté en juin », explique-t-elle.

Enfin, elle a un autre dada, la lutte contre le sexisme, encore présent un peu partout, y compris dans sa formation d’ingénieur où les filles ne représentent encore que 18 % des effectifs. « On entend encore des remarques étonnantes, voire affreuses », confie-t-elle. « « Les filles ne savent pas conduire », « elles sont moins bonnes en maths »… Et elles peuvent être sujettes à toutes les rumeurs ! Toujours les filles, ce n’est pas juste. Qu’elles soient espionnées, regardées… « Tu as vu ce qu’elle a fait hier soir ? » ». Quelque chose à dire à ces garçons sexistes quand ils font ce type de commentaires sur les réseaux ? « Oui », répond-elle sans hésiter. « Si c’était votre fille, votre sœur, votre mère, accepteriez-vous qu’on en parle comme ça ? Il ne faut pas qu’ils oublient que ce ne sont pas les filles qui doivent changer de comportement, mais les garçons ! » Un langage direct qui a valu à la jeune femme de collaborer notamment avec le service communication de l’UTBM sur une campagne de prévention contre le harcèlement et des affiches un peu choc (lire l’article ici https://www.utbm.fr/?s=campagne+de+pr%C3%A9vention+contre+le+harc%C3%A8lement).

Dans le sérieux comme le ludique, et au-delà de sa formation, toutes ses activités lui font ne pas regretter d’avoir choisi l’UTBM. Même si, reconnaît-elle, ses journées sont parfois longues. « Je viens tous les jours à 8h pour bosser et je peux partir à 18h ou beaucoup plus tard en fonction du travail associatif. J’ai toujours eu pas mal d’activités. J’ai beaucoup trop d’énergie et si je ne fais rien, j’ai l’impression de m’ennuyer. Et je ne vois pas l’intérêt de dormir beaucoup ! Quand on aime ce que l’on fait, on y arrive ! »

Côté jardin – La photo sans clichés

Des passions ? La photo. J’ai commencé au lycée avec un compact. Je prenais des photos de mon chien ! Et j’ai intégré le club photo de l’UTBM dès mon arrivée. J’ai commencé à couvrir des soirées, puis des événements que nous organisions. Mais ce que j’aime surtout, c’est faire des photos de paysages, comme prendre un lever de soleil en haut du Salbert[4]. Et je ne retouche les photos que pour la lumière, avec Lightroom. Retoucher par exemple les défauts des personnes, je trouve ça dégradant. Ce sont leurs défauts !

« J’aime l’idée de pouvoir capturer un instant particulier, de pouvoir arrêter le temps »

Pourquoi cette préférence pour les paysages ? Je trouve ça plus sympa que les portraits. Parce que si on veut prendre une personne au dépourvu, elle risque d’être très dépourvue (rires) et si on la met en scène, elle veut être belle et perd tout son charme ! Alors que la nature, elle s’en fiche ! Et j’aime l’idée de pouvoir capturer un instant particulier, de pouvoir arrêter le temps. J’aime bien les petites rivières et les lacs. Comme celui d’Annecy. C’est calme…

D’autres centres d’intérêts ? J’aime les jeux, surtout les jeux de quête et d’exploration. Particulièrement The Elder Scrolls, ou encore Diablo. Et j’adore l’escalade. J’ai commencé à en faire en 4e. J’ai continué ici grâce au BDS (Bureau des sports) et je la pratique toutes les semaines en salle à Belfort, même si j’ai pas mal baissé en niveau puisque d’un niveau compris entre le 6A et le 6B je suis passée à un niveau équivalent à 5A ou 5B[5].

Crédits

Un article de : Camille Pons
Crédits photos : Etienne Kopp
Plus de photos sur notre galerie Flickr

 

 

 

 

 

[1]   . Conseil des études et de la vie universitaire
[2]   . Communauté d’universités et d’établissements
[3]   . Relatif à la reconnaissance de l’engagement des étudiants dans la vie associative, sociale ou professionnelle
[4]   . Mont du massif des Vosges situé au nord-ouest du Territoire de Belfort
[5]   . 5A correspond à des voies « faciles », du 5B au 6A+ au « perfectionnement » et du 6B au 6C+ à « difficile »

 

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