Innovation Crunch Time : l’enseignement ne manque pas de croustillant à l’UTBM !

Mille cinq cents étudiants réunis sur un même lieu de travail pour trois jours d’intense brain storming, plusieurs dizaines d’entreprises locales volontaires pour participer, une organisation défiant tous les principes connus en matière d’enseignement… l’« UTBM Innovation Crunch Time » organisée du 22 au 24 mai prochains est à n’en pas douter un grand événement dans la vie de l’établissement, et marquera de son empreinte le tissu socio-économique du Nord Franche-Comté.

Croquer l’innovation

C’est un exercice qui sort des sentiers battus de la pédagogie et très certainement l’un des plus grands événements de ce genre jamais organisés en France dans un établissement d’enseignement supérieur. Mais ce n’est pas pour ces raisons que l’UTBM met sur pied cette grande expérience. L’Innovation Crunch Time veut réunir l’ensemble de ses mille cinq cents étudiants1 dans une séance de formation de plusieurs jours, autour de projets d’équipe permettant de mieux saisir la réalité du monde du travail. La manifestation s’organise avec la participation active de nombreux collaborateurs, qu’ils soient des acteurs habituels de l’enseignement ou œuvrent en coulisses dans l’établissement, et avec le concours des entreprises locales.

Un événement pour le moins original et bien en accord avec l’esprit maison, un défi ambitieux que relève l’UTBM pour la première fois cette année. L’édition zéro du Crunch Time est prévue sur trois jours « seulement », histoire de se faire la main, avant de passer au format qui devrait être le sien dans les années à suivre, quatre à cinq jours permettant d’ajouter un volet pratique à l’exercice théorique. « L’idée est de mettre les étudiants dans une situation de réflexion et de travail proche de la réalité, c’est-à-dire dans la situation d’ingénierie concourante », explique Ghislain Montavon, directeur de l’UTBM.

Quand la notion d’esprit d’équipe prend tout son sens

Informaticiens, énergéticiens, mécaniciens, designers, ergonomes…, répartis en cent cinquante équipes de dix étudiants, agrégeant tous les niveaux, vont ainsi plancher, non pas sur des cas d’école, mais sur de vraies problématiques énoncées par des donneurs d’ordre, et apprendre à mettre en commun leurs compétences et à respecter leurs points de vue respectifs. Premiers fournisseurs de sujets, les entreprises locales, grands comptes et PME, soumettront des pistes, des interrogations, des idées de développement sur lesquelles elles n’ont pas toujours les moyens et le temps de se pencher. Aux côtés de ces partenaires privilégiés de l’innovation, les collectivités et les laboratoires de recherche sont également concernés et invités à entrer dans le jeu. « Les amorces de proposition, travaillées pendant trois jours, pourront ensuite être reprises sous forme de travaux pratiques au cours de l’année, être relayées lors de stages ou dans des projets de recherche », estime Ghislain Montavon, qui souligne l’importance de « rendre plus poreuse l’interface entre l’université et l’entreprise ».

En attendant, les étudiants ont trois jours de brain storming devant eux pour s’attaquer à une amélioration de produit, à l’aménagement d’un poste de travail ou à un procédé de production tourné vers l’industrie du futur. « L’ajout de deux journées supplémentaires dans les années suivantes donnera la possibilité de concrétiser les concepts développés en les maquettant2 », souligne le directeur. Les équipes, outre leur caractère multidisciplinaire, veilleront aussi à équilibrer leur composition en fonction des niveaux d’étude des élèves ingénieurs, étudiants en master, voire en doctorat. Qualifiées de découvreur, pro ou start upper, elles seront adaptées à la progression des étudiants dans leur cursus, de manière à ne pas décourager les plus jeunes et à donner du grain à moudre aux plus expérimentés. Au-delà des connaissances et compétences techniques attendues, les étudiants devront faire appel à leur créativité et à des capacités également indispensables sur le terrain, comme la gestion de projet et l’animation d’équipe. Ils seront accompagnés dans leur démarche non seulement par les enseignants, mais aussi par les professionnels qui sont partie prenante du bon fonctionnement de l’établissement, et dont l’expérience pourra utilement être mise à profit : les personnels financiers apporteront par exemple leur expertise à l’élaboration de projections budgétaires, et les communicants seront de bon conseil pour la conduite d’un plan marketing. « La ruche innovante », selon les mots de Ghislain Montavon, va bourdonner à plein régime, mais l’accompagnement des professionnels s’inscrit en filigrane seulement dans son fonctionnement. Place à la créativité et au travail d’équipe de ses abeilles travailleuses : les étudiants ! L’UTBM Innovation Crunch Time aura lieu à l’Axone à Montbéliard, du 22 au 24 mai 2017.

[1] L’UTBM compte plus de 3000 étudiants. Chaque semestre, environ la moitié d’entre eux poursuivent un semestre d’étude au sein d’une université à l’étranger, un stage ou un projet de fin d’études en entreprise, en France ou à l’étranger.

2 MVP : Minimum Viable Product

Crédits

Un article de : Catherine Tondu
Crédits photos : DR

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