La parenthèse anglaise de Franck Gechter

Franck Gechter, maître de conférences en informatique, a passé le mois de février en tant que professeur invité au sein de la prestigieuse Université de Cambridge en Angleterre. Au sein du « computer laboratory », il s’est penché sur l’estimation de la consommation d’énergie des téléphones portables.

L’université de Cambridge, ses 31 collèges chargés d’histoire dont le King’s College, joyau d’architecture gothique, ses ponts, parcs et cours intérieures : c’est là que Franck Gechter, maître de conférence en informatique, habilité à diriger les recherches, a passé le mois de février en tant que professeur invité. Il a intégré le « computer laboratory » dirigé par Andrew Hopper et plus spécialement le groupe baptisé « digital technology group ». Aux côtés des chercheurs Andrew Rice et Alastair Beresford, il s’est penché sur la question des consommations d’énergie des téléphones portables et plus spécialement l’estimation des courbes de niveau de batterie des smartphones.

Le but ? « Analyser et prédire la consommation et l’efficacité  des smartphones » en se basant sur des types de modèles informatiques déjà utilisés pour le véhicule autonome. « C’est un nouveau champ d’application permettant d’explorer ce que l’on peut développer en terme d’intelligence artificielle », résume Franck Gechter.

Un ticket pour Cambridge

Ne va pas à Cambridge qui veut. Pour obtenir son ticket d’entrée au sein du « computer lab », Franck Gechter a d’abord relevé un défi lancé en 2014 par l’université de Cambridge, avec l’aide d’étudiants de l’UTBM. « Il s’agissait de combler des données manquantes dans les séquences de récolte d’information sur les smartphones », explique-t-il. Défi relevé.


« Device Analyzer », une application made in Cambridge

Zoom : La vie dans une université anglaise

Au sein du « computer lab », de multiples nationalités se côtoient. Rien que dans le groupe de travail de Franck Gechter, Allemagne, Roumanie et Italie étaient représentées. Le quotidien est rythmé par de nombreux échanges : des réunions au sein du laboratoire, des présentations de membres extérieurs au laboratoire, des discussions conviviales sur les travaux de recherche autour d’un thé ou d’un repas et des « talks », « conférences » à l’université auxquelles tout le monde a accès. «Une trentaine par jours sur des sujets très variés », précise Franck Gechter qui a apprécié ce mode de fonctionnement.

Dans le cadre de ses recherches, il s’est appuyé sur « Device Analyzer », une application pour Androïd conçue par le « computer lab » de Cambridge. En téléchargeant l’application, « l’utilisateur peut voir en temps réel quelles applications sont gourmandes en énergie », explique le chercheur. Il peut aussi recueillir des informations sur la sécurité du téléphone :   « il peut voir les données transmises par l’appareil de façon volontaire ou involontaire : telle application a envoyé telle quantité de données. Cela permet d’avoir une meilleure conscience de ce qui se passe au niveau du téléphone à notre insu ». Les utilisateurs s’engagent à partager ces données avec les universitaires qui les analysent ensuite. A l’heure actuelle, plus de 30.000 personnes ont téléchargé l’application ce qui représente plusieurs centaines de téraoctet de données. Ce travail de fourmi va servir à améliorer la conception des appareils et des logiciels, un plus à la fois pour les consommateurs, les développeurs et les fabricants. Pour la petite anecdote, l’application est présentée au Science Museum de Londres.

Revenu en France début mars, Franck Gechter n’exclut pas de retourner à Cambridge. « Un projet européen est en réflexion. L’idée est de fédérer une communauté de chercheurs autour des données de Device Analyzer pour améliorer la récolte d’information, tout en respectant la sécurité des données ». Projet dont il fera bien sûr partie.


 

Crédits

Un article de : Eléonore Tournier
Crédits photos : UTBM /DR

  

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