Portrait de Elise Koenig - Détours UTBM

Élise Koenig : Les études et la vraie vie

Côté cour – Des projets bien huilés

Élise Koenig est étudiante en dernière année de branche au département Ergonomie design et ingénierie mécanique (EDIM) à l’UTBM. Sa formation d’ingénieur lui permet d’assouvir deux passions : celle de la mécanique et celle de l’expression artistique, via le dessin notamment, expression artistique qu’elle transforme, sur ses loisirs, en mouvements de Break dance.

L’industrie, c’est son monde. Son père est dessinateur industriel, sa mère est consultant technique dans la gestion de production, tous deux dans une entreprise alsacienne spécialisée dans le contrôle des fluides. Et son frère a choisi de se former, comme elle, dans la mécanique. Domaine auquel elle ajoute celui de l’électronique de son côté et dans lesquels elle s’est plongée dès la 3e, à l’occasion du stage d’observation obligatoire, et qui a confirmé sa voie. Résultat, dès la seconde, via le jeu des options, elle se spécialise en sciences de l’ingénieur. Son bac S, décroché en 2011 à Sélestat, dans le Bas-Rhin, lui ouvre ensuite les portes de l’UTBM, dès le tronc commun.

L’UTBM lui offre surtout l’opportunité d’assouvir un deuxième centre d’intérêt, le monde artistique, et plus particulièrement le dessin et la peinture, grâce à la filière EDIM. « Je dessine, je fais de la peinture, de la couture, bricole depuis que je suis toute petite », raconte l’étudiante qui achève sa 5e année dans l’établissement. Elle hésitera d’ailleurs, dit-elle, à faire une mise à niveau en arts appliqués après le bac pour viser les Beaux-Arts… Mais c’est une conseillère d’orientation qui lui permet de faire le lien entre ses deux passions. La conseillère l’oriente ainsi vers le design industriel qui lui permettra d’apprendre à concevoir des « produits efficaces tout en étant jolis ».

L’UTBM : un premier choix qu’elle n’a jamais regrettéPortrait Elise Koenig - Dessin industriel - UTBM

L’UTBM est son premier choix. Qu’elle n’a « jamais regretté ». « Lors des journées portes ouvertes, j’ai été impressionnée », raconte-t-elle. « Ils nous ont fait faire des goodies : on usinait nos prénoms dans des gommes ! J’ai vu les machines, les projets des étudiants, essayé une combinaison de simulation de vieillissement pour ressentir ce que vivent les personnes âgées ou souffrant de handicap, et découvert la conception faite pour l’homme. J’ai été marquée ! »

Elle démarre sa spécialisation en mécanique dès la 2e année et assouvit sa passion du monde industriel également au travers de ses stages, qu’elle réalise aussi à l’étranger, en Allemagne et en Suisse, profitant ainsi de la situation frontalière de son établissement. Stages « intéressants » car elle y touche un peu à tout : « j’ai été amenée à faire des prototypes, de la soudure, de l’usinage », résume-t-elle. « Intéressant, car cela résume bien notre formation qui ne se limite pas à faire des calculs mais aussi à faire beaucoup de choses concrètes ». Elle y réalise aussi ses premiers essais, donc des premiers travaux de recherche et d’optimisation, dans le domaine thermique, puisqu’elle teste, dans une entreprise suisse durant un stage de six mois effectué non loin de Bienne, de nouveaux prototypes de différents types d’actionneurs, pièces qui servent, en transformant une énergie électrique reçue en énergie mécanique, à réguler par exemple les aiguilles de compteurs de vitesse ou encore l’ouverture des vannes anti-pollutions.

« Je dessine, je fais de la peinture, de la couture, bricole depuis que je suis toute petite »

Les projets sont aussi l’occasion d’apprendre et d’aimer encore plus son domaine. La caisse à savon dans laquelle elle prend plaisir à poser en est un. Ce « Shark UT », conçu avec plus d’une dizaines d’étudiants dans le cadre de plusieurs projets répartis sur plusieurs semestres, a été l’occasion de faire des calculs pour réaliser le triangle de suspension, mais aussi de travailler le mastic, raboter, poncer, tout cela en visant une parfaite symétrie.

Elise Koenig - Portrait Détours - EDIM« Garder les mains dans le cambouis ! »

Parce que l’étudiante est également sensibilisée à la problématique du handicap – qu’elle côtoie dans sa famille et parce qu’elle a eu un prof de Break dance sourd-muet -, elle a suivi l’unité de valeur « Conception pour tous ». Ce qui lui a donné notamment l’occasion de travailler sur un projet de sac adaptable sur fauteuil roulant, sorte de caddie dédié au fauteuil, pour faciliter les courses de l’utilisateur. Un ensemble de projets « enrichissants », confie-t-elle.

Si l’étudiante ne vise pas pour l’instant un poste en particulier, elle sait ce qu’elle ne veut pas : elle « n’aime pas forcément la voiture » et n’a « surtout pas envie d’être un manager derrière un bureau ! ». « Je veux garder les mains dans le cambouis ! », s’enflamme-t-elle. « Lorsque je travaillais à la maintenance industrielle durant mes jobs d’été, je finissais parfois mes journées pleine d’huile et ça ne me dérangeait pas ! » Ce qui l’attire, c’est la technique et en particulier la mécanique de précision, que l’on retrouve dans le domaine de l’horlogerie notamment.

Ses « premières mains dans le cambouis », c’était avec son père lorsqu’elle avait une dizaine d’années, se rappelle-t-elle. Un cambouis « virtuel » puisque celui-ci lui a montré comment modéliser en 3D une coccinelle avec un logiciel CAO. « Je n’oublierai jamais, d’autant c’est mon animal préférée ! », poursuit avec plaisir la jeune femme.

L’investissement associatif pour rendre ce qu’elle a reçu

Enfin, si Élise Koenig s’est épanouie en formation, elle a aussi trouvé sa place ici grâce à la vie associative. Elle a contribué à la semaine d’intégration, commencé son bénévolat au sein du BDF (Bureau des festivités) en 2e année et pris part à l’organisation de la 2e édition du Festiv’UT. « J’y avais participé la première fois en tant que danseuse, ça m’a donné envie de m’impliquer », explique-t-elle. « De la même façon, quand je suis arrivée ici j’ai été super bien accueillie. J’ai même été en contact dès l’été, avant la rentrée, avec un étudiant, devenu d’ailleurs un ami, qui m’a expliqué où se trouvaient les sites, aidé à trouver un appart, etc. », poursuit l’étudiante. « Du coup, j’ai eu envie de réserver aussi cet accueil aux autres. Et j’ai même été ambassadrice de l’UTBM pour promouvoir mon établissement ! » Et pourquoi le BDF ? « Parce que j’étais réputée pour bien aimer faire la fête ! », s’amuse l’étudiante. « J’ai été contactée par le candidat à la présidence il y a bientôt trois ans et depuis je n’ai plus jamais quitté le club ! ». D’ailleurs, elle a assuré la présidence du club jusqu’en janvier 2016, avant de partir en stage de fin d’études, après avoir occupé les postes de secrétaire la 1re année puis de trésorière ensuite.

Une expérience « géniale » pour elle, puisque ça a « été l’occasion de rencontrer beaucoup de monde, [y compris ses co-loc’, NDLR], d’organiser des soirées, donc de faire plaisir aux étudiants, et d’être aussi là pour eux au quotidien via les bars-snacks que les bénévoles gèrent tous les jours. »

Elise Koenig - Portrait côté jardin

Côté jardin – Break dance et chant du signe

Une passion ? La Break dance. J’en fais depuis 11 ans. Petite, j’allais dans un centre aéré. L’un des jeunes nous y a initiés au hip hop. Quand la MJC (Maison des Jeunes et de la Culture) a proposé des ateliers à l’année, je m’y suis inscrite. J’avais fait dix ans de gymnastique, j’avais déjà la souplesse et la force et je savais faire des figures de base comme les équilibres.

« Dans la Break dance, j’aime le côté « black, blanc, beur » qui permet de découvrir plein de nouvelles cultures » 

Qu’est-ce que tu aimes dans cette danse ? Plein de choses ! Le côté « black, blanc, beur » puisqu’on y retrouve des gens de toutes nationalités et de toutes origines sociales, ce qui permet de découvrir de nouvelles cultures. L’état d’esprit aussi. Le hip hop est davantage une culture qu’une manière d’être ce qui est bien résumé par le slogan du mouvement : « Peace, love, unity and having fun ». D’ailleurs, quand on fait une compétition, on ne se moque jamais des autres. Il y a beaucoup de respect. Et l’on s’aide pour s’améliorer ! D’autant que pour bien réaliser les figures, il faut s’acharner : recommencer, recommencer, encore recommencer… J’aime d’ailleurs cet aspect très sportif, très physique, les figures, les acrobaties. Et on apprend beaucoup des autres à tous points de vue.Elise Koenig côté jardin

Tu en fais souvent ? J’ai un peu moins de temps depuis que je suis à l’UTBM alors qu’avant j’en faisais 5 à 6 heures par semaine, entre autres dans une Crew (équipe) à Strasbourg, et dans la rue aussi, sur le macadam. Un bon retour aux sources ! Mais je fais des démonstrations pendant des soirées ou à l’occasion du festival des talents de l’UTBM, le Festiv’UT.

Tu t’es d’ailleurs fait remarquer par une démonstration originale de chant en langue des signes… Oui, j’ai fait une démo de chant en langue des signes à l’occasion de la semaine des Arts et de la culture et le directeur de l’UTBM m’en parle chaque fois qu’il me voit ! (Rires) J’aime danser et chanter en langue des signes « Le monde des silences », de Virginie Schaeffer. Elle y dit qu’il faut rompre avec la solitude dans laquelle sont plongés les déficients auditifs. J’ai eu un prof de break dance sourd-muet qui m’a appris les bases de la langue des signes. Pour lui, le chant et la musique ne passent pas seulement par les paroles mais aussi par l’émotion que peut susciter la danse pour ceux qui ne peuvent pas entendre. Et il m’a apprise à être ouverte aux autres.

Et le dessin qui a motivé aussi ta formation ? Je dessine encore chez moi quand j’ai un peu de temps : des portraits, de meubles, des personnages alsaciens… Et je peins aussi…

Crédits

Un article de : Camille Pons
Crédits photos : Samuel Carnovali

  

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