Aswin Thomas a choisi la voie du doctorat après ses études. Il nous explique sa thèse dans le domaine de la fabrication additive, son parcours et ses ambitions.
Peux-tu résumer ta thèse en une phrase ?
L’objectif de cette thèse est de développer des méthodes de conception permettant de réduire les coûts et les délais de calcul liés à la fabrication additive de géométries cellulaires complexes, et de valider ces méthodes sur différents procédés.
Quel a été le principal défi technique que tu as surmonté ?
Initialement, je prévoyais de valider les méthodes sur des machines de fabrication additive métallique avec l’aide de mon codirecteur de thèse. Cependant, en raison de problèmes techniques, nous avons réalisé que cela était impossible, près d’un an après le début de la thèse. J’ai donc dû me familiariser avec une autre machine (située hors de mon laboratoire), utilisant une technologie et un matériau différents. Aucun de mes directeurs de thèse n’étant expert en la matière, j’ai dû tout apprendre par moi-même : programmation, développement, tests et maintenance. Cela m’a demandé beaucoup de temps et d’efforts. Mais j’ai finalement acquis une expertise dans ce domaine, ce qui me sera sans aucun doute utile à l’avenir.
Comment envisages-tu l’application concrète de tes recherches dans 5 ou 10 ans ?
Ces travaux peuvent être développés à l’échelle industrielle et bénéficier à de nombreux secteurs utilisant la fabrication additive de géométries cellulaires. La recherche pourrait même remplacer le flux de travail conventionnel de conception à fabrication grâce à l’introduction d’itérations de conception rapides. Un module logiciel pourrait intégrer les développements ultérieurs, pour donner suite à des recherches sur un plus grand nombre de machines et de procédés. Ceci permettrait une conception de composants et une préparation d’impression plus rapides. À l’échelle industrielle, pour la production en grande série de composants, les délais, les coûts et les erreurs seraient réduits.Des pièces plus légères et plus résistantes pourraient être fabriquées plus rapidement.
Pourquoi avoir choisi notre université pour tes études supérieures ?
Honnêtement, je n’ai pas choisi l’université directement, mais le sujet et l’équipe de recherche m’ont attiré à l’UTBM. Le stage que j’ai effectué dans le cadre de mon master était lié au sujet de ma thèse de doctorat. Je m’intéresse à ce sujet depuis. De plus, mon directeur de thèse est un expert dans ce domaine, ce qui a également motivé mon choix. Par ailleurs, j’apprécie beaucoup le système éducatif français en général, surtout après avoir effectué mon master dans le sud de la France.
Comment envisages-tu la transition après ta soutenance ?
J’ai déjà commencé à chercher des opportunités. Je privilégie la recherche industrielle ou les centres de recherche publics non universitaires. L’enseignement n’est pas mon premier choix ; je souhaite donc me consacrer pleinement à la recherche. J’aimerais rester en Europe, de préférence en France. Après avoir acquis une certaine expérience professionnelle, j’envisage également de créer une entreprise technologique d’ici quelques années.
L’avis de son directeur de thèse :
Les travaux d’Aswin ont suscité l’intérêt d’une grande entreprise industrielle de logiciels, ModuleWorks GmbH. Le directeur de la recherche de l’entreprise participera d’ailleurs à sa soutenance de thèse en tant que membre invité du jury.
Par ailleurs, ModuleWorks a déjà manifesté un fort intérêt pour la commercialisation de l’un de nos précédents travaux sur le « pixel-driven generative design », réalisé dans le cadre du même projet ANR par un postdoc ayant collaboré avec Aswin. Cette méthodologie est également étroitement liée à ses recherches actuelles sur le « toolpath-driven design », notamment appliquées au procédé d’impression continue de composites à fibres de carbone. SATT Nord a déjà initié des échanges avec cette entreprise afin d’avancer sur les perspectives de commercialisation.