Robert Dorvidal : Une vie à son image

Côté cour – Des clips et des claps 

L’image, c’est un peu toute sa vie. Responsable du service audiovisuel à l’UTBM, Robert Dorvidal est aussi cinéphile. Il a choisi de se débarrasser depuis déjà 30 ans de son « costume » d’électricien pour soigner l’image – et le son – de l’université. Des films, il en fait pour promouvoir son établissement, mais il en « avale » aussi par plaisir durant ses moments de loisirs.

« C’est le hasard qui m’a amené à l’UTBM », aime raconter Robert Dorvidal. Son début de parcours est d’ailleurs assez éclectique. Celui-ci démarre en effet avec un CAP d’électricien[1], d’abord à l’UTC[2], en 1989 comme « homme à tout faire ». Il est plus exactement ouvrier polyvalent, qu’il restera aussi en intégrant ensuite Alstom, mais cette fois-ci sous un statut d’intérimaire. Ce premier « parcours » est interrompu par le service militaire, encore obligatoire à l’époque. Et c’est à son retour, un an après, qu’il fait son premier virage à 180°. Parce qu’il n’avait « plus envie de continuer dans l’électricité », confie-t-il. Celui-ci accepte donc de travailler durant six mois pour l’administration des Eaux et Forêts, dans le cadre d’un contrat aidé TUC (travaux d’utilité collectif), avant d’attaquer un nouveau virage à 180° puisqu’il va en effet suivre les Compagnons du tour de France durant un an, compagnons qui lui font alors la proposition de faire de la taille de pierre ! Mais qu’à cela ne tienne, Robert Dorvidal rencontre sa femme et décide de la suivre dans le Nord-Est. Nouveau virage, alors qu’il intègre l’UTBM au milieu des années 90.

Il démarre ici en gérant les moyens d’enseignement audio et vidéo, rétro-projecteurs, visionneuses de diapositives, micros, etc. Un premier plongeon dans le son et l’image. Progressivement, les besoins, avec le développement des nouvelles technologies, des vidéo-projecteurs, d’équipements qui permettent la visioconférence ou de faire fonctionner des classes virtuelles, vont l’amener à structurer un service totalement dédié, qu’il dirige aujourd’hui : le service audiovisuel.

Le son et l’image pour valoriser l’établissement et faire le lien avec les « extérieurs »

« Je m’occupe de toute la partie technique pour la présentation des projets de fin d’études, les soutenances de thèses, les web-conférences lorsque par exemple un membre du jury est situé à l’extérieur, les conférences avec des entreprises ou des collectivités… », égrène le responsable qui travaille aujourd’hui avec trois personnes réparties sur 2,5 postes équivalent temps plein. « Pas toujours de l’image, mais de la gestion du son dans tous les cas. Nous pouvons être autant amenés à gérer la connectique, changer les câbles abîmés, donc assurer la maintenance des équipements, qu’à assurer les diffusions en direct mais aussi les dépôts des vidéos sur le site pour donner la possibilité de visionner les événements en streaming. » Bref, résume-t-il, son travail consiste « à faire gagner du temps sur le plan pédagogique aux enseignants et aux étudiants », donc à « anticiper » et à « faire que tout fonctionne quand le prof démarre son cours ».

Mais le service ne se contente pas d’œuvrer pour les enseignements. Il est aussi sollicité pour couvrir les événements phares de l’établissement : Journées portes ouvertes, remise des diplômes, Gala, Congrès industriel, Festiv’UT… L’activité est donc variée puisqu’il s’agit tout autant de gérer des caméras et du son depuis depuis la régie, de mixer ces derniers en direct, mais aussi de les monter pour que l’événement puisse être suivi aussi plus tard depuis le site web. L’intérêt de la mission dévolue au service audiovisuel est donc triple : faciliter le déroulement des événements en intra, valoriser évidemment l’établissement au-delà des murs, mais aussi, note Robert Dorvidal, « permettre aux familles qui ne sont pas présentes physiquement de pouvoir suivre en direct les soutenances de leurs enfants ». Ou toute autre manifestation les concernant.

Si le service s’était essayé un peu, il y a quelques années, à la réalisation de films de promotion, cette partie là est désormais sous-traitée à des entreprises extérieures spécialisées. « C’était un peu du bricolage. Et je commence à être un peu limité sur les nouvelles technologies », justifie en souriant le responsable. « D’ailleurs, la montre connectée qui m’a été offerte à mon anniversaire, c’est ma fille qui me l’a réglée ! »

De l’ombre à la lumière

Pour faire tout ça, le service dispose de deux caméra montées sur tourelles, pilotables à distance, et d’une caméra mobile qui bénéficie d’une liaison audio avec la régie, d’où Robert Dorvidal peut envoyer les consignes : « tu restes sur ce cadre, tu bouges, etc. ». Régie qui ressemble à celle d’un plateau télé, en version beaucoup plus réduite évidemment.

Un « travail de mise en lumière… dans l’ombre ! », décrit le responsable qui s’occupe aussi, encore « dans l’ombre », de gérer le matériel, donc les budgets du service. Et ce, pour les trois sites sur lesquels se répartit l’établissement, Sevenans, Belfort et Montbéliard. Ce qui n’est pas rien lorsque l’on sait que les bâtiments de Sevenans abritent à eux seuls une trentaine de salles. Un travail parfois « ingrat, puisque quand ça marche, il n’y a pas grand monde pour dire merci, alors que lorsqu’il y a un souci, on en entend parler », rapporte Robert Dorvidal qui se souvient encore d’un conseil d’administration où il a fini à genoux sous les jambes de Jean-Pierre Chevènement[3] pour tenter de résoudre un problème de connexion. Problème non résolu, à une époque alors marquée par la transition vidéo/informatique et donc par des soucis de compatibilité entre différents systèmes, et épisode dont il dit être sorti peu fier.

« C’est paradoxal, je n’ai jamais aimé l’école ! Quand je devais y aller, je pleurais, je ne supportais pas les profs, l’ambiance… Là, je travaille dans une école, mes collègues sont des profs, des copains, j’adore les étudiants et ça fait déjà 30 ans que je vis avec eux ! »

Mais quoi qu’il en soit, Robert Dorvidal « adore » cet établissement. « C’est paradoxal », confie-t-il en riant, « je n’ai jamais aimé l’école ! Quand je devais y aller, je pleurais, je ne supportais pas les profs, l’ambiance et même l’odeur ! Là, je travaille dans une école, mes collègues sont des profs, des copains, j’adore les étudiants et ça fait déjà trente ans que je vis avec eux ! » Et c’est sans hésiter qu’il dit « prendre son pied », « quand un problème est réglé » et quand il voit les gens « heureux ».

Côté jardin – Chacun cherche son film

Des passions ? Le cinéma ! Vous avez vu Cinema Paradiso[4]? Ce film est extraordinaire ! Je m’y retrouve à fond : être derrière un projecteur, être un petit peu maître du « jeu » et donner du rêve aux gens… Je diffuse même des Walt Disney aux gosses pour les fêtes de Noël. Et quand ils viennent voir la régie, c’est extraordinaire, ils sont scotchés ! Mon travail fait d’ailleurs le lien avec ma passion du cinéma, que j’ai depuis toujours. Je suis issu des « Enfants de la télé »[5] que je regardais plus jeune tous les samedis soirs. J’adore la télé. Ma mère avait cinq enfants qu’elle élevait seule et ne pouvait que de temps en temps nous payer le ciné. Mon cinéma, c’était la Caravelle à Belfort, dans un quartier populaire. J’y ai découvert les Dix commandements, Mad Max, la Guerre des étoiles… Il faudra d’ailleurs un jour que j’aille voir ce qu’est devenu ce cinéma.

« Cinema Paradiso, ce film est extraordinaire ! Je m’y retrouve à fond : être derrière un projecteur, être un petit peu maître du « jeu » et donner du rêve aux gens… »

Le cinéma occupe tout votre temps libre ? Je vais régulièrement au cinéma et je suis le genre à ne pas avoir peur d’aligner cinq ou six films d’affilée ! Il m’arrivait même autrefois de passer la journée à regarder des films. Mais c’était avant de me marier (rires). Et j’ai transmis ma passion à deux de mes trois enfants, mes deux filles. Mais je ne suis pas passionné au point de ne faire que ça. J’aime aussi la nature, les champignons… Et je rêve un jour de trouver des morilles (rires) !

Des films qui vous touchent à part Cinema Paradiso ? Le premier qui me vient à l’esprit c’est True Romance avec Christian Slater et Patricia Arquette. Mon fils aussi est tombé amoureux de ce film. Tout est extraordinaire : le scénario, l’histoire, les acteurs… et même la musique, de Hans Zimmer ! Il y a aussi des séries que j’aime bien, comme Dix pour cent. Et j’ai une caméra 35 mm, un collector. Je suis fan de cinéma mais aussi fan du matériel (rires). J’ai un mur rempli de DVD, mais aussi de cassettes VHS que j’ai essayé de collectionner. Mais finalement je n’ai gardé que celles qui ont le plus de valeur, les originales. Car ça n’est pas de la grande qualité ! Et de temps en temps, je range tout ça !

Crédits

Un article de : Camille Pons
Crédits photos : Etienne Kopp
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[1]   . Obtenu a Belfort en 1983
[2]   . Université de technologie de Compiègne
[3]   . À l’époque où il était maire de Belfort
[4]   . Film réalisé par Giuseppe Tornatore avec Philippe Noiret, sorti en 1989
[5]   . Émission de divertissement française diffusée entre 1994 et 2016

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