Robin Garnier : Robin des fois

Côté cour – La foi

Des fois, il fait de l’accordéon, d’autres fois du kayak ou de l’escalade. Côté cour, cet étudiant de 3e année a la foi : outre s’investir dans plusieurs événements, la préparation du Congrès industriel, du Festival d’un film d’un jour, ou encore dans l’organisation de son association de promo, il représente les élèves au CEVU depuis juin 2016. Robin Garnier se dit zappeur mais en fait il aime varier les plaisirs, comme dans ses loisirs.

Pas de doute, Robin Garnier est bien touche-à-tout. C’est avec une pagaie dans une main, la clé de sa 4L dans l’autre, qu’il se présente à nous dans le hall du département EDIM (Ergonomie design et ingénierie mécanique). La clé, c’est pour aller récupérer le reste du « matos » qui résume (un peu, mais vraiment un tout petit peu) ses diverses activités : des affiches de com’ qu’il a réalisées, son accordéon, un jeu qu’il adore, les Colons de Catane, un modèle de voiture, sculpté dans de l’argile, comme il en conçoit dans ce département, des tee-shirts aux noms des différents événements pour lesquels il s’est investi, un chausson d’escalade, et j’en passe… Et la remorque, qui ne le quitte plus depuis qu’il la dénichée au Maillon solidaire à Belfort, un atelier vélo fondé sur l’entraide, remorque qui le suit partout, accrochée à son vélo.

À 21 ans, l’étudiant qui termine sa première année de branche au département EDIM, après deux ans de tronc commun effectués à l’UTBM, ne se lasse pas de passer d’une activité à l’autre, en plus de suivre ses études d’ingénieur, qu’il a démarrées ici en 2014, juste après avoir décroché son bac S, spécialité SVT[1], au lycée Baudelaire de Cran-Gevrier, une commune située dans la banlieue d’Annecy en Haute-Savoie. La première chose qu’il aime souligner lorsqu’il discute de ses choix d’études et perspectives professionnelles, c’est qu’il n’est pas arrivé dans cette formation, et ici, à Montbéliard, par hasard. C’est cette filière, caractéristique de l’UTBM au regard de toutes les autres formations d’ingénieur en France, qui l’a en effet amené dans le Nord Franche-Comté. « C’était ça ou rien, la seule école que je voulais », confie-t-il. « Et je la voulais pour ce département. » Parce que ce qu’il aime, dit-il, c’est ce lien avec l’utilisateur, cette dimension qui consiste « à penser à l’homme dans la conception de produits. Ici, on apprend à concevoir, pas à tire-larigot et pas des produits tous identiques, mais en mettant l’homme au centre de la démarche. Une démarche humaniste… » L’UV de design industriel qu’il prendra en première année le convaincra d’ailleurs que c’est un choix qui lui va bien.

« Je vois tout comme un projet et j’aime impulser du nouveau tout le temps. Et la rencontre avec les autres »

Jamais sans l’associatif

C’est aussi le fonctionnement spécifique aux UT[2] qui l’intéressait : « un parcours à la carte avec le choix des UV, les UV des humanités comme la philo, l’histoire, le sport…, apprendre autre chose que des sciences fondamentales… Humainement, c’est très intéressant et c’est une vraie valeur ajoutée pour l’ingénieur qui sera amené à être chef d’équipe, mais aussi pour sa propre construction personnelle. Et puis, il n’y a pas de classement par rapport aux autres étudiants à chaque semestre ! » Important aussi, car Robin n’aime pas la compétition, en cours comme dans les loisirs.

Penser et œuvrer pour l’homme dirige d’ailleurs d’une certaine manière la plupart de ses activités, nombreuses dans et hors de l’établissement, notamment au niveau associatif. « Je me suis investi dans plein de choses au fur et à mesure », explique l’étudiant qui dit se lasser vite, ce qui justifie ses multiples engagements. Mais pas que… Car cet investissement associatif, il l’apprécie particulièrement parce que ça lui fait gagner en compétences, et, malgré « le temps, très lourd » qu’il y consacre, parce qu’il « aime faire plaisir aux autres ». « L’associatif c’est toute ma vie, je ne tiendrai pas si je n’avais pas ça à côté. J’ai besoin de tout ça, j’aime les échanges avec les autres et j’ai toujours organisé des projets », confie-t-il. Le jeune homme a d’ailleurs commencé tôt, au lycée, où il était déjà élu au CVL (Conseil de la vie lycéenne).

L’adrénaline et la rencontre

Depuis son entrée à l’UTBM, il a contribué à l’organisation des journées d’intégration de septembre 2015, s’est occupé de la communication pour le Congrès industriel 2016 en produisant notamment panneaux, affiches et catalogues et en animant la page Facebook dédiée à l’événement, a été trésorier de son association de promo, a fait partie de l’équipe organisatrice du dernier Festival du Film d’un jour qui s’est déroulé du 25 au 28 mai 2017, festival qui lui a pris « tout son temps libre » puisqu’il a dû « recruter l’équipe, distribuer les rôles, donner la stratégie suivre ces pôles, faire ce qu’ils ne faisaient pas ou corriger… ». Et il attaque aujourd’hui sa deuxième année en tant que vice-président étudiant élu au CEVU (Conseil des études et de la vie universitaire), mandat qu’il a décroché pour deux ans en mai 2016. Et au-delà de ce qu’il y apprend et de faire « pour les autres », l’étudiant confie aimer aussi les « petits coups d’adrénaline » que l’organisation de grands événements, qui rythment la vie de l’établissement, peut provoquer.

De l’UTBM, il garde aussi un souvenir fort de son semestre passé au Chili entre février et août 2016, à l’Universidad Técnica Federico Santa María, à Valparaíso. Un séjour à l’étranger « mieux qu’un voyage », explique-t-il. Parce qu’il a « vécu le pays ». « Au jour le jour, on était vraiment chilien [avec son co-loc parti aussi, NDLR]. Et je me suis rendu compte en rentrant que j’avais vu pas mal de pays avant mais que, finalement, j’en avais vécu très peu et que je n’avais pas connu la population. Quand je suis allé par exemple 15 jours à Berlin, j’étais plutôt en mode touriste et j’aime moins. »

Être « créa » et ne pas produire pour produire

Pour l’instant, il ne sait pas ce qu’il fera dans sa future vie professionnelle, même si il confie en riant qu’il est « féru de remontées mécaniques » et qu’il peut « expliquer sans problème comme ça fonctionne ». Pourquoi cette passion ? « Parce que c’est simple, fait avec un moteur et des poulies », s’amuse-t-il. Plus sérieusement, le jeune homme avoue aimer « bricoler » : « avoir une scie, un tournevis dans les mains… et faire des choses qui servent ! Et j’aime aussi ce qui est joli… » Prochain projet en vue, fabriquer une tente pour pouvoir dormir sur le toit de sa 4L…

Difficile aussi pour lui de résumer ce qui lui tient à cœur. Mais une chose est sûre, « il y a plein de choses qui [le] font rêver. » « Créer une start-up, par exemple », poursuit le jeune homme. « Car le monde de l’entreprise ne m’intéresse pas trop. Produire pour produire en suivant des processus, ça manque d’originalité. Je trouve même ça déprimant de créer un objet en suivant des règles », observe encore l’étudiant qui dit avoir envie « d’être créa » et de « ne pas faire toujours la même chose ». « Je vois tout comme un projet et j’aime impulser du nouveau tout le temps. Et la rencontre avec les autres ». On avait cru comprendre…

Côté jardin – Tout ou rien

Des passions ? Beaucoup de choses : j’aime dessiner, j’en faisais bien avant le lycée et je pense que ça a conditionné en partie mon choix de formation. Avant, j’étais d’ailleurs intéressé par l’architecture, je dessinais des bâtiments, des théâtres, des palais de justice… Et j’aime aussi m’investir dans la vie associative. J’ai fait aussi de l’escalade, du kayak polo durant deux saisons et pas mal de voile – j’ai un dériveur -, quand j’étais au lycée, sur le lac d’Annecy, et fait d’ailleurs le championnat de France espoir organisé au Havre en plus de nombreuses compétitions régionales. Mais je déteste la compétition ! Je n’aime d’ailleurs pas les conflits non plus avec les autres. Mais construire au jour le jour les relations.

« Je déteste la compétition ! Je n’aime d’ailleurs pas les conflits non plus avec les autres. Mais construire au jour le jour les relations »

D’autres centres d’intérêt ? L’accordéon même si je n’ai plus beaucoup le temps d’en faire. J’ai découvert cet instrument en allant à l’école de musique voir mon frère qui jouait du violoncelle. J’en ai joué du CP jusqu’à la fin du collège et je m’amuse à nouveau avec. Pourquoi l’accordéon ? Je n’en sais rien… Mais j’ai eu de la chance car ça ne s’apprend plus en école de musique.

[1]   . Sciences et vie de la terre
[2]   . Universités de technologie

Crédits

Un article de : Camille Pons
Crédits photos : Etienne Kopp
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