Rémi Ducteil : un étudiant à la hauteur

Côté cours – Le vent le portera

Hauteur 2m01 x Largeur XL x Saut 1m95*. Qui suis-je ? Bon, reconnaissons, elle est facile. Du haut de ses 2m01, sa taille XL et avec un record de saut en hauteur d’1m95, Rémi Ducteil sait se montrer à la hauteur. Mais sa taille n’explique pas que cet étudiant vise haut ou loin pour tout, y compris dans son parcours d’études qu’il suit à l’UTBM.

Jeudi 5 juin, 10h05, sur le campus de Montbéliard. Nous avons rendez-vous avec un étudiant. Seule info dont nous disposons pour le reconnaître, une caractéristique physique : il fait 2m01… Il est à l’heure, souriant, d’entrée de jeu bavard. L’une de ses caractéristiques. Agréable en zone de climat continental, froid et sec…

Rémi est grand. Et d’aussi loin qu’il s’en souvienne, à l’école, au lycée, à l’université, il a IMG_0120« toujours été le plus grand ». Même si, dans sa famille, il est « battu » par son père. De 4 cm… Sa taille a influencé certains de ses aiguillages, mais pas tous. Car ce jeune homme de 22 ans est grandement motivé. D’abord par ses études, l’ingénierie avec surtout la dimension design et ergonomie, spécificité de l’UTBM qui l’a motivé à quitter Annecy pour l’aire urbaine de Belfort-Montbéliard. Rémi est aussi grandement motivé par le sport, l’athlétisme qu’il pratique et enseigne dans son club d’Annecy. Enfin, il est grandement investi dans la vie associative de l’établissement, comme ce fut le cas pour l’organisation du Festiv’UT qui s’est déroulé le 22 mai dernier à Sevenans.

De la Haute-Savoie à l’aire urbaine Belfort-Montbéliard : le grand saut aussi

Mais procédons par ordre. Haut-Savoyard à l’origine, Rémi choisit en 2010 de suivre un DUT GMP (Génie mécanique et productique) à Annecy-le-Vieux, après avoir décroché son bac SSI (scientifique, filière sciences de l’ingénieur) au lycée Charles Poncet de Cluses. Pour la double entrée possible dans ces études : l’ingénierie, pour laquelle « [s]es profs pensaient qu[‘il] était fait », et la section sport-études qui lui permettra, grâce à une formation aménagée sur trois ans au lieu de deux, de se partager entre études supérieures et pratique à haut niveau du saut en hauteur qui ne le quitte plus depuis ses 11 ans.

« J’avais besoin de continuer à faire du sport à ce niveau là, d’autant que c’est l’année de mon bac que j’ai battu mon record au saut en hauteur, 1m95 », explique l’étudiant. Même si Rémi n’a pas le statut officiel de sportif de haut niveau, il évolue, à cette époque, à un niveau national/interrégional. Ce premier choix de formation est aussi un bon compromis, car ses profs le « voyaient bien en formation génie mécanique » mais lui, surtout pas en maths sup. « Trop de maths, pour moi ça n’est pas possible ! », plaisante-t-il.

L’UTBM : le choix du design et de l’ergonomie appliqués à la conception mécanique

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L’arrivée à l’UTBM en 2013 est aussi le résultat de bons conseils. Ceux d’amis venus « tester » av

ant lui la formation au département EDIM*. Car Rémi aime à dire qu’il va « où le vent le mène », où ses profs, ses amis, sa famille le guident. Ce choix, il ne le regrette pas. « La dimension ergonomie et design, c’est-à-dire la conception mécanique axée sur le produit, sa ligne, son esthétique, unique en France en formation d’ingénieur, est non seulement intéressante mais elle complète bien aussi la dimension technique que j’ai acquise à l’IUT. Et en plus, elle correspond à ce que je veux faire plus tard ». Car s’il n’a pas d’idée très précise sur l’entreprise dans laquelle il pourrait « atterrir », Rémi aime les objets. Et dessiner. Depuis toujours, dit-il. En conception, il est servi, mais il y prend d’autant plus de plaisir qu’il y ajoute justement cette « démarche créative ».

J’aime surtout les objets ! À l’EDIM, nous travaillons sur des machines à café, des aspirateurs à main, des grille-pains… J’adore ! »

Formé au pays de la voiture… mais pas question de travailler sur des voitures !

Ses projets pros ? Au pays de la voiture, non, décidément pas la voiture ! « Je ne suis pas anti-voiture, mais vraiment ça ne m’intéresse pas ! Sauf à m’emmener d’un point A à un point B. », s’amuse Rémi. « En revanche, les autres transports, comme le train ou l’avion, oui. Mais j’aime surtout les objets. Au département EDIM, nous travaillons sur des machines à café, des aspirateurs à main, des grille-pains… J’adore ! Même si je ne peux pas expliquer pourquoi. »

L’établissement, il n’y vient pas non plus que pour se former, il s’y implique. Entre septembre et mai, il a contribué à la préparation de la 2e édition du Festiv’UT, avec huit autres étudiants. Il a aussi contribué au montage du club d’œnologie même s’il regrette de n’avoir pas eu le temps, IMG_0111pour l’instant, d’y participer. Un bon plan, selon lui, « pour apprendre à déguster et s’initier à l’une des richesses de la culture française ». « D’autant que l’on sera amené, dans le cadre du boulot, à partager des tables avec des partenaires », poursuit l’étudiant. « C’est une bonne manière d’apprendre aussi à laisser une bonne image de soi aux professionnels ». Et puis, il est aussi co-responsable du club karaoké. « Parce que je chante tout le temps, donc autant le faire en s’amusant ! Ce club me permet de passer du bon temps avec mes amis et de décompresser chaque semaine. »

Aller plus haut, aller plus loin…

Ses projets ? Un stage à l’étranger dès le prochain semestre, « dans un pays anglophone parce que j’aime cette culture et que j’ai adoré les voyages faits au Canada et aux États-Unis lorsque j’étais à l’IUT, notamment pour participer aux championnats du monde de vitesse de vélos couchés carénés dans le Nevada, à Battle Mountain, alors que nous avions conçu un vélo pour cette course », poursuit-il. « Ce sera une expérience de plus qui me servira dans la vie professionnelle. »

Ensuite, de février à juillet 2015, retour à l’UTBM avant de se projeter, pourquoi pas, à nouveau à l’étranger. En semestre d’études cette fois-ci, certainement dans le cadre d’un échange Erasmus. Des vues plus loin ? Et oui, Rémi imagine déjà, si c’est possible, faire le dernier semestre en Amérique du Sud. Parce qu’il « aime vraiment voyager et surtout rencontrer des gens ». Et parce que l’UTBM lui donne l’opportunité de le faire. Et cet été, il devrait partir en Russie avec son club d’athlétisme. Bref, toujours plus loin quand ce n’est pas toujours plus haut…

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Côté jardin – Plus haut, c’est sa direction

Des passions ?
Le saut en hauteur, depuis l’âge de 11 ans. J’ai fait une année d’athlétisme et on m’a conseillé de poursuivre au saut en hauteur. J’étais déjà grand à l’époque – déjà plus grand que tout le monde ! -, c’était une évidence.

Le basket, ça l’aurait fait aussi…
L’esprit ne me plaisait pas. En athlétisme, il n’y a pas de rivalités dans l’équipe, on s’encourage les uns les autres. Il y a toujours eu une bonne ambiance. Je n’ai que de bons souvenirs, y compris du beau temps lors des compétitions alors qu’il ne faisait pas tout le temps beau ! Et c’est une pratique qui m’a vraiment permis de m’épanouir. Mais j’ai quand même fait du basket, dans un autre cadre que la compétition, grâce au BDS*, pendant tout le 1er semestre à raison d’une fois par semaine.

Amoureux de la compétition ?
Cela me permet de me défouler, de décompresser et de m’évader.

Je n’ai plus le temps de pratiquer mais je fais de la course à pied une fois par semaine et je saute partout tous les jours parce que je ne tiens pas en place ! »

Quel souvenir gardes-tu de ton record d’1m95 ?
Une grande joie, même si au début je n’ai pas vraiment compris que j’avais passé cette barre alors que c’était la première fois que je m’y attaquais ! C’était une surprise avant tout ! Non pas que je ne m’en croyais pas capable mais on doute toujours. Du coup, ensuite j’ai fait n’importe quoi ! Quand on bat son record, on est vraiment fier. C’est le résultat de plein de petits ajustements : une foulée qui va mal, un pied mal placé, une main trop basse… J’ai sauté ensuite dans les bras de mon entraîneur ! C’était en 2010, au championnat interrégional jeunes indoor, à Clermont-Ferrand.

Cette passion, tu l’as vécue et tu la vis comment aujourd’hui ?IMG_0009
J’ai démarré avec un entraînement par semaine, puis deux vers l’âge de 15-16 ans, trois à 17 ans et quatre et plus quand j’étais à l’IUT, soit au moins 10 heures d’entraînement hebdomadaire. Et j’ai fait trois clubs, Cluses, Bonneville et enfin Annecy. Ici, je n’ai plus le temps de pratiquer mais je fais de la course à pied une fois par semaine et je saute partout tous les jours parce que je ne tiens pas en place ! Cette année, j’ai quand même fait les championnats nationaux interclubs avec mon club : deux tours, à Annecy où il y avait des stars comme Christophe Lemaitre, et à Moirans*. Nous avons fait le record du club et nous sommes remontés en catégorie N1C.

La compétition, ça te manque ?
Oui, mais j’arrive toujours à compenser. Et il y a un temps pour tout. J’ai fait le choix de l’UTBM, je me concentre sur mes études. Mais je souhaite poursuivre l’athlétisme, car c’est toute ma vie. Jusqu’à ce que je sois trop vieux. Et je continuerai d’entraîner. Et je souhaite devenir juge. Je suis d’ailleurs diplômé départemental depuis 2013, pour juger les quatre sauts (en longueur, en hauteur, à la perche et triple saut).

Et le club de karaoké dont tu es responsable à l’UTBM, pourquoi ?
J’ai toujours la bouche ouverte, alors autant que ça serve !

* Bureau des sports
* En Isère
* Département Ergonomie, design et ingénierie mécanique

Crédits

Un article de Camille Pons
Crédits photos : Daniel Nowak / DR
  

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