Innovation et management dans le domaine environnemental : une thèse CIFRE avec PSA

Si les liens entre PSA et l’UTBM sont assez anciens, les thématiques de recherche se sont continuellement renouvelées, comme en témoignent les réalisations et les projets les plus récents dans le domaine de l’énergie et de l’environnement.

Dans le domaine de la construction automobile, le choix et la consommation d’énergie comme la préservation de l’environnement sont des préoccupations assez anciennes. Toutefois, ces problèmes sont surtout abordés à partir de l’objet véhicule automobile et sont à l’origine de nombreux travaux sur des procédés économes en énergie ou encore l’étude d’énergies propres.

Il est cependant possible de développer d’autres analyses sur l’innovation et le management dans le domaine environnemental. A la tête de ladivision Energie et Environnement, Marie-Claire DERYCKE a présenté lors du séminaire IRTES INNOVER 2 le 11 juillet dernier un certain nombre d’actions menées sur les sites PSA de Sochaux et Mulhouse depuis plus de 20 ans. L’entreprise a en effet développé très tôt des actions originales promouvant le choix d’énergies alternatives, comme en témoigne la construction du parking couvert par des panneaux photovoltaïques à Sochaux. A Mulhouse, l’implantation de l’usine de l’île Napoléon dans un site naturel exceptionnel a été accompagnée par un dispositif permettant de sanctuariser la forêt de la Hardt.

Ces actions inédites dans le domaine de l’énergie et de l’environnement méritent d’être analysées dans la durée et doivent être replacées dans les pratiques d’innovation et de management au sein de l’entreprise. Tel est le projet de la thèse de Romain TAHAR-LHORMANN qui est réalisée dans le cadre d’une convention CIFRE[1] (Convention Industrielle de Formation par la Recherche, (http://www.anrt.asso.fr/fr/espace_cifre/accueil.jsp) avec l’entreprise PSA, consacrée aux sites de Sochaux et de Mulhouse.

La perspective retenue ici est d’abord historique : il s’agit de montrer comment PSA a pris conscience de ses responsabilités en matière d’environnement au fur et à mesure que se sont étendus ses sites de production. L’adoption d’une démarche environnementale naît d’un long processus, caractérisé par l’accumulation d’initiatives destinées à répondre à des attentes multiples, tant au sein de l’entreprise qu’à l’extérieur. Sur le site de Sochaux, la présence de l’usine dans un tissu urbain de plus en plus dense a posé très tôt problème pour les populations voisines. La nécessité de transformer le paysage naturel, en particulier en modifiant le parcours de l’Allan a constitué un moment important de la prise de conscience des contraintes environnementales. De même, la pollution des sols par les produits métalliques et les peintures a exigé d’imaginer des solutions inédites.

A Mulhouse, l’implantation de l’usine est différente mais des contraintes particulières naissent des activités qui y sont déployées. En particulier, la présence de la forge a exigé (et exige toujours) l’adoption de dispositifs de sécurité et d’approvisionnement en eau. La proximité de la forêt de la Hardt a également constitué pour l’entreprise un défi inédit en matière de pratiques environnementales.
L’objet de la thèse ne se limite pas à l’historique des actions menées au sein de PSA. Romain TAHAR-LHORMANN entend faire de la question environnementale un cas d’espèce pour réfléchir aux manières d’innover au sein de l’entreprise ainsi qu’aux pratiques de management. L’hypothèse retenue ici serait que les politiques d’innovation et les pratiques managériales se distinguent par une fertilisation croisée entre les différents domaines d’activité de l’entreprise, qu’il s’agisse de la conception des véhicules, de l’organisation de la production ou encore de la prise en compte des enjeux environnementaux. La question environnementale est ici conçue comme un poste d’observation des pratiques de l’entreprise et de son histoire.

Pour mener à bien ses recherches, Romain TAHAR-LHORMANN va largement exploiter les archives mises à sa disposition au sein de PSA. Il s’appuiera également sur des entretiens conduits avec les acteurs et les témoins de cette histoire. La restitution des résultats de ses recherches se fera sous la forme de différents supports : outre la forme académique de la thèse, des outils pour la communication de l’entreprise seront produits ainsi qu’une cartographie originale.


[1]Depuis plus de 30 ans, le dispositif CIFRE subventionne toute entreprise de droit français qui embauche un doctorant pour le placer au cœur d’une collaboration de recherche avec un laboratoire public. Les travaux doivent aboutir à la soutenance d’une thèse en trois ans. Les CIFRE sont intégralement financées par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche qui en a confié la mise en œuvre à l’ANRT (Association Nationale de la Recherche et de la Technologie) qui rassemble les acteurs publics et privés de la recherche et de l’innovation. L’entreprise recrute en CDI ou CDD (articles D. 1242-3 & 6 du code du travail) un diplômé de niveau Master à qui elle confie une mission de recherche stratégique pour son développement socio-économique. Le salaire d’embauche ne peut être inférieur à 23484 € annuel brut. Les travaux constituent l’objet de la thèse du salarié-doctorant. L’ANRT contracte avec l’entreprise une Convention sur la base de laquelle une subvention est versée à l’entreprise. En 2012, la subvention annuelle est de 14000 € (non assujettie à la TVA). A cette subvention s’ajoute le crédit d’impôt recherche (CIR), calculé sur la part non subventionnée des coûts complets, et qui permet à l’entreprise de percevoir une somme annuelle d’au moins 10595 €. Le subventionnement de l’entreprise est alors de 50% sur coût complet.

Contact : Sophie CHAUVEAU – IRTES-RECITS
Crédits photos : Marc Barral Baron – UTBM
Sources : IRTES Infos – Décembre 2013

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