Diego Mora Cespedes : Cœur nomade… et digital

Côté cour – Jamais sans ses deux passions

Depuis son arrivée à l’UTBM, il a hérité du surnom de « Monsieur club Welcome », le club dédié à l’accueil des étudiants étrangers. Ce jeune étudiant originaire de Bolivie est en effet un fan de l’international, passion qu’il met à profit, avec celle du monde digital, autant dans ses études que pour son établissement et son propre plaisir.

La Bolivie, l’Espagne, la France, l’Allemagne, la Chine, les Philippines, bientôt les États-Unis… à 23 ans, Diego Mora Cespedes a choisi sa voie, celle de l’international. Pas que pour soigner son CV ou sa carrière. C’est un étudiant passionné par l’international. Pas difficile de s’en convaincre d’ailleurs quand on l’entend rire à chaque fois qu’il évoque un voyage, un stage, un projet à l’étranger… Cette passion, doublée d’un tempérament de « geek » comme il aime bien se qualifier lui-même, dirige à la fois son parcours d’études et ses projets professionnels, mais aussi ses loisirs et sa vie associative au sein de l’UTBM.

Cette passion pour découvrir le monde et d’autres cultures, il la doit apparemment à sa mère. Le jeune Bolivien est né à Cochabamba, en 1991, avant d’aller vivre à La Paz où il a intégré le seul lycée français de Bolivie. Parce que sa mère « voulait que ses enfants puissent parler beaucoup de langues », confie-t-il. Celle-ci a d’ailleurs « aussi hésité un moment avec le lycée allemand », précise-t-il. C’est aussi sa mère qui l’encourage à être « ouvert », et surtout « ouvert au monde ». Ouverture qui se concrétise aussi par une première aventure à l’étranger, en famille, quand il part vivre un an à Madrid avec ses parents, son frère et sa sœur, ville qu’ils quitteront suite aux attentats qui ont ensanglanté la capitale ibérique en mars 2004.portrait_diego_mora_cespedes_cote_cour_et_cote_jardin

Le choix de l’UTBM pour sa dimension internationale

Ce premier « enduit » semble porter ses fruits puisque Diego décide très vite d’appliquer la philosophie de sa mère à titre personnel. Dès l’obtention de son bac scientifique, en 2009, le petit dernier de cette famille de trois enfants décide de rallier l’Hexagone. La France est sa première aventure à l’international « en solo ». « J’ai débarqué tout seul à Paris en septembre 2010 avec mes grosses valises. Avec juste pour contact un ami de mon frère », se souvient-il. « Une aventure, parce que je n’avais jamais vu une grosse ville tout seul ! Et là, en plus, j’étais obligé de parler en Français tout le temps. Un vrai challenge ! ».

Pour autant, ce n’est pas à Paris qu’il pose ses bagages mais à Auxerre, en Bourgogne, durant deux ans, où il suit une prépa scientifique en physique-chimie-sciences de l’ingénieur en première année, puis en physique-sciences de l’ingénieur en deuxième année. Prépa qui lui ouvre les portes de l’UTBM en septembre 2012, où il opte pour la branche informatique, spécialité imagerie, interaction et réalité virtuelle (I2RV). Loin d’être un choix par défaut, c’est là aussi, dit-il, l’aspect international qui l’a motivé à jeter son dévolu sur l’UTBM alors qu’il « étai[t] admis dans une dizaine d’écoles ». « J’avais vu que l’UT offrait de larges possibilités de partir à l’étranger, notamment pour deux stages de 6 mois, dont celui de fin d’études », explique-t-il.

Une opportunité qu’il met à profit dès sa deuxième année (la quatrième du cursus d’ingénieur puisque Diego est entré à l’UTBM après le tronc commun). Il réalise au premier semestre son premier stage à Pékin, dans une entreprise qui produit des cadres pour des photos numériques. Dans la foulée, il fait le deuxième à Berlin au premier semestre de sa dernière année de formation d’ingénieur, à la Hochschule für Technik und Wirtschaft (HTW), pour y suivre des enseignements en programmation, média et imagerie, dans le cadre d’un échange Erasmus Plus. Entre deux stages, il enchaîne avec une autre expérience internationale et réalise, avec un autre étudiant, l’UTBM on The Move 2015, initiative étudiante imaginée l’an passé pour aller décrocher en Europe de nouveaux partenariats pour l’UTBM (http://detours.utbm.fr/2014/03/30/tour-europe-esn/). Ensemble, ils ont parcouru 8700 kilomètres en 3 semaines et se sont arrêtés dans 18 universités de 14 pays différents.

diego_mora_cespedes_utbmComme l’étudiant n’est pas rassasié, il décide de s’offrir encore un semestre de césure à l’étranger, dès le mois de mars aux Philippines, chez engageSPARK, « pour une expérience complémentaire dans le domaine de la programmation web ». « J’avais prévu de valider mon diplôme en septembre 2015 mais ça attendra mars 2016 ! », s’amuse-t-il. Ce précieux sésame, il le validera à l’issue de son projet de fin d’études, projet, évidemment, qu’il décide de faire aussi à l’étranger. « J’avais envie d’un dernier stage à l’étranger (rires). Et j’aimerais aller aux États-Unis, à San Francisco, au paradis des informaticiens*. » Où il aimerait aussi débuter sa carrière, « avec l’idée de revenir en Bolivie pour y créer [s]a boîte ».

L’idée de pouvoir travailler n’importe où dans le monde, et donc de voyager tout le temps, m’attire beaucoup »

Il veut devenir « nomade digital »

Car l’informatique est son autre « dada ». Depuis longtemps, et c’est ce qui a aussi orienté son parcours d’études. « J’ai toujours eu une passion pour la science : la physique, les mathématiques, etc. », confie-t-il. « J’aime bien quand les choses marchent et surtout comprendre comment ça marche ! J’avais fait de la programmation HTML, et à 14 ans je faisais des sites web pour des téléchargements illégaux de musique (rires). Et maintenant je vais m’attacher à concevoir. » Si celui-ci confie qu’il avait au départ « un rêve de chercheur » qu’il a dû transformer en « rêve d’ingénieur » parce qu’il « n’étai[t] pas le plus fort » en classe, il est plutôt fier d’avoir pu montrer que « ce ne sont pas toujours les gens les plus intelligents qui réussissent le mieux ! ».

Aujourd’hui, sa carrière, il la voit en alliant ses deux passions. Profession visée ? « Nomade Digital ». Késako ? Un travailleur qui n’utilise que l’informatique, quel que soit son domaine, et qui exécute son travail depuis n’importe quel lieu de la planète grâce à Internet. « Pour programmer, je n’ai besoin que d’un ordinateur et d’une connexion wifi », explique l’étudiant. « J’en ai rencontré quelques-uns [des nomades digitaux, NDLR] pendant mon stage en Chine, et l’idée de pouvoir travailler n’importe où dans le monde, et donc de voyager tout le temps, m’attire beaucoup. » Bref, « emporter » son entreprise partout où il va est un bon compromis pour faire ce qu’il aime le plus.

À l’UTBM, sa passion pour l’international l’a également poussé à aller au-delà des échanges possibles à l’international – où il aime d’ailleurs faire l’ambassadeur de son établissement en portant régulièrement un des sweats et tee-shirts qu’il a à l’effigie de l’UTBM, une vingtaine aujourd’hui -. Il s’est en effet investi, dès son arrivée, dans le club Welcome, « un club plutôt mort à cette époque », observe l’étudiant. « J’ai retrouvé ensuite un compagnon de prépa à l’UTBM, Rémi Marolles, qui avait été trésorier du club. C’est avec lui que j’ai repris la structure à l’automne 2013 alors que c’était un peu la crise ! », raconte-t-il. Toujours en riant… « À ma première réunion, j’ai été très étonné de voir qu’il n’y avait même pas d’étrangers dans le staff ! C’était un petit club et il organisait une soirée et une sortie dans l’année, sans trop de succès. diego_mora_club_welcome_utbmOn m’avait dit d’ailleurs « n’y va pas ! » parce que ce club avait mauvaise réputation. Je voulais que les choses changent. On a tout remis à plat, vu d’où venaient les financements, combien on avait dépensé, combien on avait… ». De membre en automne 2012, il passe vice-responsable au printemps 2013, puis responsable au printemps 2014.

Il redonne du souffle au club Welcome

Les deux « comparses » commencent d’abord par organiser des réunions plus fréquentes, alors que le club ne se réunissait qu’une fois par mois auparavant, refait la trésorerie et se penche sur la communication, le nerf de la guerre : à coups d’affichages, d’interventions à la radio de l’UTBM, de créations d’événements, le bouche-à-oreille faisant le reste, le club reprend alors du souffle. « Moi j’étais la carrosserie, Rémi était le moteur, et ensemble on a formé un duo de choc ! », s’amuse encore l’étudiant.

Mais qu’est-ce qui a changé concrètement ? « Les statistiques parlent d’elles-mêmes », assure-t-il. « D’une dizaine d’étudiants présents à la première réunion du bureau, et de 5 ou 6 à peine au premier semestre, nous sommes passés à des réunions regroupant 30 à 40 étudiants au deuxième semestre », se souvient l’étudiant. « C’est grâce à cela que ça a bougé. Les bénévoles ont pu organiser une sortie et trois soirées au printemps 2013, dont celle consacrée à l’Amérique latine. » « La meilleure du club Welcome ! », estime le jeune homme. « Et nous sommes 150 à 200 à chacune des soirées désormais ! » A ensuite suivie la préparation de la Welcome Week de rentrée, une réussite aussi selon lui, « surtout grâce aux équipes de bénévoles », aime-t-il souligner.

L’expérience du club reste l’une de ses plus grandes fiertés durant ces années passées en France. Quand on lui demande d’ailleurs ce qu’il retiendrait de l’UTBM s’il devait n’en retenir qu’une chose, c’est sans hésiter qu’il répond le club Welcome. « C’étaient des heures et des heures de travail, mais non seulement j’y ai appris beaucoup de choses que l’on n’étudie jamais en cours, comme gérer un budget, une équipe, le stress, mon temps, écouter les critiques, mais j’y ai aussi fait des rencontres. Et j’ai la fierté de voir qu’il marche aujourd’hui très bien, alors que ce n’était pas le cas quand on l’a repris. »

* Dans la Silicon Valley

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Côté jardin – Heureux qui, comme Diego, fait de beaux voyages

Votre passion ?
L’international ! Je voyage, j’aime rencontrer des gens et découvrir de nouvelles cultures, je suis trilingue Espagnol-Français-Anglais et j’ai un bon niveau en Allemand. Je lis aussi l’actualité internationale sur le web et j’ai également suivi à l’UTBM l’unité d’enseignement de culture générale « Les enjeux de l’actualité internationale ».

D’où votre implication dans le club Welcome ?
Ce qui me plaît le plus, ce sont les rencontres et de constater que nous ne sommes pas si différents les uns des autres. Même si la culture en Europe est très différente de celle de l’Amérique latine. Je n’avais pas l’habitude de boire du vin, de manger du fromage tous les jours, de la baguette et du saucisson. Et j’aime ça ! Et la France, où j’ai été très bien accueilli. C’est aussi ce qui m’a motivé à m’investir dans le club. Je voyais que tous les étudiants ne se mélangeaient pas. Or, je voulais que tous se sentent aussi bien accueillis que moi. Et aujourd’hui, ce qui me fait le plus plaisir, c’est tout simplement de voir ensemble les étudiants français et étrangers et de les voir discuter malgré la barrière de la langue. Quand je vois que même les étudiants chinois, réputés très timides, commencent à s’intégrer et à participer à toutes les activités de l’Association des étudiants et pas seulement du club Welcome, qu’ils s’ouvrent petit à petit, ça aussi, ça me fait plaisir ! Et les remerciements de ceux qui j’ai aidés m’ont vraiment touché.

Aujourd’hui, ce qui me fait le plus plaisir, c’est tout simplement de voir ensemble les étudiants français et étrangers, malgré la barrière de la langue »

L’informatique « empiète » aussi sur votre vie personnelle ?
Je viens de commander un drone. Pour filmer les endroits touristiques dans le monde ! Et j’ai prévu de le reprogrammer pour le contrôler depuis mon écran en bougeant les mains, sans me servir ni de la souris ni du clavier. Mes deux passions se rejoignent. J’ai d’ailleurs un bon côté geek : je suis toujours accroché à mon smartphone, je regarde mes mails en permanence, je suis sur Facebook, je mets à jour l’actu du club Welcome…

Un article de : Camille Pons
Crédits photos : Daniel Nowak