Premiers diplômes de master au Togo

Neuf étudiants de l’université de Lomé ont reçu en septembre dernier deux diplômes, deux masters en informatique délivrés l’un par l’UTBM et l’autre par l’université de Lomé. Ce cursus de master conjoint en informatique est le seul actuellement ouvert au Togo, une première assurée en collaboration avec l’UTBM. Et une étape fondamentale vers le développement de filières d’enseignement supérieur en informatique dans ce pays.

 

Une opportunité pour le pays et pour ses étudiants

C’était la première fois qu’un diplôme de master en informatique était délivré au Togo. L’événement, ainsi que les célébrations pour marquer les 30 ans du Centre Informatique et Calcul de l’université de Lomé qui abrite le programme de master, a donné lieu à une cérémonie à l’automne dernier à l’université de Lomé, en présence du ministre togolais de l’enseignement supérieur et de la recherche, et de la ministre des postes, de l’économie numérique et des innovations technologiques. Un résultat porteur de satisfaction et d’espoir, balisant une route certes longue et difficile, mais qui sait tenir ses promesses.

Le premier jalon de ce chemin est posé en octobre 2016 : la formation construite avec la collaboration de l’UTBM est officiellement ouverte à l’université de Lomé, l’une des deux universités publiques du pays. Il faut cependant attendre le printemps 2017 pour que l’accréditation française soit accordée, et fasse du master conjoint franco-togolais un diplôme reconnu à l’international.

La formation est axée sur deux parcours, « Génie logiciel » et «  Systèmes et Réseaux » ; elle est le fruit d’une démarche entreprise entre l’université de Lomé et l’UTBM, qui entretiennent des relations de partenariat depuis plus de dix ans. « Jusqu’alors, les étudiants togolais qui avaient pu obtenir dans leur pays un diplôme de bachelor en informatique, l’équivalent de notre licence, venaient le compléter par une formation à l’UTBM, explique Heather Cooper, directrice des relations internationales de l’université de technologie. L’ouverture du master à Lomé représente pour eux une opportunité de poursuivre leurs études au Togo. C’est un véritable enjeu pour le pays, qui souhaite accéder à la transformation numérique et a besoin de compétences pour développer ses infrastructures en informatique ». Proposer un enseignement de haut niveau, sur place, apporte une vraie réponse à la problématique de ce pays de 7 millions d’habitants, qui manque encore de formations en sciences et en technologie.

Parcours semé d’embûches

9 étudiants sur 27 diplômés du master de l’université de Lomé ont aussi décroché le diplôme de l’UTBM. Neuf étudiants, seulement ?! pourrait-on s’étonner. Ce serait méconnaître les embûches semées sur le chemin. Last but not least : être titulaire du niveau B2 dans une langue étrangère, ce qui est la dernière exigence en date conditionnant l’obtention d’un master de l’UTBM. Et de préférence l’anglais, qui ne peut être que très utile en pays francophone. « Or pour passer un examen international, les étudiants togolais doivent se rendre au Ghana, ce qui est financièrement inaccessible à la majorité d’entre eux ». La solution : les enseignants formés et habilités de l’UTBM ont organisé un test international dans les locaux de l’université de Lomé. Par la suite, les professeurs d’anglais de Lomé pourront eux-mêmes être formés pour organiser un test en autonomie. Et si neuf étudiants « seulement » ont réussi l’épreuve du premier coup, les autres auront droit à une session de rattrapage en mars prochain. « Les difficultés de préparation à cet examen inédit ont ralenti l’obtention du diplôme pour deux étudiants sur trois. C’est un vrai problème, mais un problème passager. Pour l’instant, les étudiants ne disposent que de peu d’outils ou de matériel pour s’entraîner, mais un projet transverse entre la France et le Togo prévoit de remédier à cette situation. Il s’agit de mettre au point des exercices d’entraînement sous forme d’une application web multi-supports, consultable sur ordinateurs et mobiles. C’est un projet qui implique largement les étudiants togolais, qui auront à seconder les enseignants dans la mise au point des exercices d’entraînement », raconte Heather Cooper.

Les méthodes s’exportent : c’est également ainsi que les équipes pédagogiques gagnent en autonomie et qu’elles pourront s’affranchir de leurs mentors français. Actuellement, l’effectif d’encadrement du master compte 20 % d’enseignants français, travaillant aux côtés de collègues togolais, camerounais et gabonais. Les enseignements africains, outre les cours proprement dits, doivent encore se développer vers la relation entrepreneuriale, l’intégration des stages ou encore les relations internationales. L’objectif suivant consistera en la mise en place de codirections de thèses UL-UTBM, pour les meilleurs étudiants diplômés du master conjoint. Les échanges entre Lomé et le nord franc-comtois se poursuivront bien évidemment. « Même si une montée en puissance des formations sur place est attendue, il reste essentiel de promouvoir les échanges entre les pays, ce qui sera peut-être possible si on obtient le financement de notre projet de mobilités avec le Togo, par le programme Erasmus+ KA107. Du côté des étudiants de l’UTBM, cela représente une occasion unique de découvrir ce que signifie vivre et étudier en Afrique. »

Crédits

Un article de : Catherine Tondu
Crédits photos : UTBM

 

 

 

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