Belfort – Shanghai, un pont technologique

À Shanghai, l’UTSEUS est la petite sœur des universités de technologie françaises. Elle est au cœur d’un programme de mobilité impliquant étudiants et enseignants, motivés par un intérêt commun pour la question technologique. La découverte culturelle et l’apprentissage linguistique en plus.

Étudiants en veine d’inspiration

Elle est née en 2005 d’un partenariat entre le réseau des universités de technologie françaises et l’université de Shanghai : l’UTSEUS, l’université de technologie sino-européenne de l’université de Shanghai, est à l’origine de nombreux échanges entre l’Empire du milieu et le continent européen. Du côté des étudiants, la mobilité répond à des aspirations différentes. Pour les Chinois, l’enjeu est l’obtention d’un diplôme français qui ne trouve pas encore d’équivalent en Chine. « Six années d’études sont là-bas nécessaires pour avoir un titre équivalent au diplôme d’ingénieur français », raconte Niuniu Duplain, de la direction des relations internationales à l’UTBM, elle-même chinoise et qui enseigne sa langue maternelle dans l’établissement. « Les étudiants de l’UTSEUS viennent ici pour deux ans et demi, en complément de la formation qu’ils reçoivent à Shanghai, ce qui leur permet de décrocher un titre français d’ingénieur. »

Depuis 2008, une trentaine d’étudiants chinois ont été accueillis à chaque rentrée par les trois universités de technologie françaises, l’UTBM, l’UTC (Compiègne) et l’UTT (Troyes), et ce jusqu’en 2014. Depuis cette date, le chiffre a augmenté pour  passer à une quarantaine d’étudiants. Un nombre équivalent d’étudiants des UT sont de la même manière reçus à Shanghai, mais sur une durée plus courte, en général un semestre d’études, selon un double objectif d’immersion dans la culture chinoise et d’apprentissage de la langue. « Même si les cours suivis pendant les mois précédant notre départ sont d’un grand secours, la barrière de la langue est la principale difficulté que nous rencontrons sur place », témoigne Maya Topsy à ce sujet. Maya est étudiante en ingénierie et management des systèmes industriels (IMSI), et a conforté sa maîtrise du chinois au cours du semestre passé à l’UTSEUS au printemps dernier. « Nous avions des cours tous les jours et nous étions amenés à faire des efforts pour communiquer dans la vie quotidienne, car les gens ne parlent que très peu anglais. »

Vers un diplôme d’ingénieur en Chine

Enseignants et chercheurs font aussi partie du programme d’échanges sino-européen, pour dispenser des cours comme pour participer aux travaux de recherche menés dans les différents établissements partenaires. Niuniu Duplain rappelle que « les enseignements techniques sont exactement les mêmes dans les UT et à l’UTSEUS ». Prochaine et logique étape du dispositif : la création à Shanghai d’un diplôme d’ingénieur équivalent au titre français, et qui en Chine s’appelle… un master. « Les trois UT françaises et l’université de Shanghai travaillent à ce projet qui se construit peu à peu, mais qui génère des questions très particulières. » Un bâtiment d’enseignement supplémentaire a d’ores et déjà été construit, et le recrutement de nouveaux enseignants est prévu sur place ; la création d’une maquette pédagogique adaptée est un lourd travail que se partagent enseignants français et chinois, et suppose des aménagements tenant compte des normes éducatives des deux pays… Un long chemin que les acteurs du projet continuent à parcourir pour harmoniser les diplômes dans les universités de technologie, d’un bout à l’autre du monde.

Apprendre à faire ses courses le samedi

À son arrivée à Belfort en 2017, Bohan Lu avait bien conscience de débarquer dans une toute petite ville aux possibilités restreintes. Forcément, celle dont il est originaire en Chine, Kunming, dans la province du Yunnan, ne compte pas moins de six millions d’habitants… « Finalement, ce qui a été le plus déroutant pour moi est de trouver les magasins fermés le dimanche… Mais j’ai pris de nouvelles habitudes, et maintenant cela me convient très bien de faire mes courses le samedi ! » Pour le reste, le jeune étudiant chinois semble s’accommoder des dimensions de sa région d’adoption. « J’ai été surpris de constater que, même toute petite, Belfort est une ville très vivante et conviviale, j’ai beaucoup aimé le FIMU quand je suis arrivé ! D’ailleurs à l’UTBM, les gens sont très sympas. » Bohan Lu suit un parcours IMSI, comme Maya Topsy. Elle aussi témoigne de l’excellent accueil dont elle a bénéficié à son arrivée à l’UTSEUS, et se déclare enchantée de la découverte de la culture chinoise, sans omettre de souligner son aspect culinaire… « Partir, et surtout partir loin, demande de bonnes capacités d’adaptation. Mais cette expérience réussie m’a donné envie de partir à nouveau, de découvrir encore d’autres façons de vivre. » Bohan, quant à lui, entend prolonger de deux ou trois ans son séjour après l’obtention de son diplôme, pour enrichir son cursus d’expériences professionnelles et profiter de son point d’attache français pour aller à la découverte de l’Europe !


 

Crédits

Un article de : Catherine Tondu
Crédits photos : UTSEUS

 

 

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