Julie Pouzoulet : L’air et l’eau

Côté cour – Aérienne

Que l’on se penche sur les quatre éléments qui composent la matière selon les théories des philosophes de la Grèce antique, la terre, l’eau, l’air et le feu, ou sur les trois que retient la science, solide, liquide et gazeux, s’amuser à trouver des correspondances avec le tempérament de Julie Pouzoulet n’est pas difficile. Plutôt « aérienne » côté cour, parce qu’elle s’est spécialisée sur la mesure des fluides et parce qu’elle est fascinée par les éoliennes, cette jeune ingénieure UTBM est l’eau côté jardin, l’élément de sa passion, la natation.

À 28 ans, Julie Pouzoulet ressemble encore à une étudiante. Pourtant, elle a déjà cumulé deux boulots d’ingénieure depuis qu’elle a décroché son diplôme à l’UTBM en 2012, dans la lignée des domaines sur lesquels elle s’est notamment penchée après le tronc commun : la mécanique des fluides, à l’état liquide ou gazeux, et l’observation de leurs comportements pour pouvoir améliorer ou concevoir des produits tels que des turbines à gaz, des systèmes d’échappement, ou encore voir comment on peut stopper des mauvaises particules d’un fluide et mettre en place des principes dépolluants dans certains systèmes.

Pourtant, au départ, la jeune femme n’imaginait pas nécessairement devenir ingénieure et avait même retenu le métier d’avocat parmi les « possibles ». « Après le bac, je me suis posée surtout cette question : qu’est-ce que je déteste et qu’est-ce que je ne dois pas faire », se souvient amusée la jeune femme. « J’étais nulle en français, bonne en physique… »… ce qui la conduira, en septembre 2007, à intégrer l’UTBM après avoir décroché son bac S avec la mention bien.

En branche, elle choisit Génie mécanique et conception (GMC) et s’intéresse tout particulièrement aux énergies renouvelables. Durant ces trois années, elle étudiera tout autant les machines tournantes – une branche de la mécanique du solide, plus particulièrement de la dynamique qui traite du comportement des masses en rotation, qui trouve des applications dans les moteurs, les réacteurs, les pompes… -, que la résolution de problèmes de dynamique des fluides – à l’état gazeux ou liquide -, en apprenant à calculer diverses propriétés de ces fluides comme la vitesse, la viscosité, la densité, la pression et la température. Des études qu’elle réalise soit en s’appuyant sur des équipements matériels dédiés à l’hydrodynamique, comme la soufflerie mise à disposition en TP au sous-sol de Sevenans, l’un des trois campus de l’UTBM, soit avec des outils numériques dédiés à la modélisation.

Grâce à l’UTBM, l’ouverture à l’international

Ce qu’elle retient aujourd’hui de l’UTBM ? D’abord la dimension internationale, qui lui a permis de partir à l’étranger même si elle n’avait pas « un super niveau en anglais », confie-t-elle en riant. Ainsi, de janvier à juillet 2010, elle a pu réaliser un séjour d’études à « University West », campus universitaire situé à Trollhättan, dans le Sud-Ouest de la Suède à côté de Göteborg, puis un stage de 6 mois en 2012, au Danemark, chez Vestas, un grand fabricant d’éoliennes, domaine qui la fascine et vers lequel elle est tentée à l’époque de se tourner. « Avant ce stage, ce domaine m’était totalement inconnu. Or, c’est une industrie qui innove, y compris dans le domaine des composites », raconte la jeune femme. « Et ça fait rêver de construire en bord de mer une éolienne de 210 mètres de hauteur, construction que les pâles rendent particulièrement gracieuse. » Elle n’optera pas néanmoins pour un début de carrière là-bas pour des raisons personnelles.

Parmi les autres bons souvenirs de l’UTBM, Julie Pouzoulet aime aussi évoquer « les profs très dispos, que l’on trouve même quand on a une question à 18 h 00, voire à 19 h 30 ! ». Dimension également importante pour la jeune fille qui avait déposé ses bagages ici à tout juste 17 ans et venait de la capitale.

Elle aime citer aussi des projets qui lui ont tenu à cœur, comme celui mené en biomécanique avec Sébastien Roth[1], chercheur spécialisé dans la modélisation des impacts et dégâts que peut subir un corps humain, via des projectiles, suite à des chutes… Des travaux de recherches auxquels elle a donc été associée ponctuellement et qui l’avait amenée à collecter des données dans la littérature scientifique pour simuler des réactions sur une main qu’elle avait elle-même modélisée. Enfin, elle aimait aussi les nombreux projets liés à l’automobile réalisés en TP. Parce que « ça donnait du réalisme, du concret à ma formation », explique-t-elle. « Et permettait de voir les erreurs, souvent tellement grossières qu’il valait mieux les faire ici qu’ensuite en entreprise ! »

De General Electric à Faurecia : du développement de produits à la modélisation

Aujourd’hui, son début de carrière colle bien avec le profil qu’elle s’est façonné durant son parcours à l’UTBM. Salariée d’un équipementier automobile, Faurecia, depuis le 1er février 2018, elle travaille sur la modélisation des lignes d’échappement, et donc se charge « des calculs thermiques du moteur au pot », précise l’ingénieure. Ses tâches peuvent concerner un seul composant comme l’ensemble d’une ligne d’échappement.

Auparavant, entre 2012 et 2018, elle avait mis ses compétences au service d’une autre grande boîte dont l’un des sites est basé à Belfort, General Electric (GE). Elle y avait intégré l’équipe mécanique et travaillé sur de nouveaux programmes de turbines à gaz pour produire de l’électricité. Un premier emploi plutôt axé sur le développement alors que le nouveau lui permet davantage de se pencher sur la modélisation et l’optimisation.

Deux boulots et un couffin plus loin… le choix de la Franche-Comté

C’est aussi durant son premier job chez GE qu’elle a suivi le programme Edison[2]. Ce programme d’intégration sur deux ans lui a ainsi permis d’approfondir son expertise dans différents domaines techniques, en développement produits ou encore sur les méthodes de fabrication pour les turbines à gaz, via une série de cours suivis en parallèle de son activité, 35 semaines de cours la première année et 18 la seconde.

Aujourd’hui, deux boulots et un couffin plus loin – puisqu’elle est aussi mère d’un petit garçon – elle est toujours en Franche-Comté. Parisienne d’origine, elle se rappelle pourtant avec le sourire avoir « pris un peu peur » en découvrant à son arrivée la plus petite commune qui abrite l’un des trois sites de l’UTBM, Sevenans. Depuis, elle a fait le choix de rester sur ce territoire et s’avoue « contente » de l’avoir fait : « quand tu vois la qualité de vie, tu te dis ‘jamais plus Paris !’ »

Côté jardin – Aquatique

Ta passion ? La natation synchronisée que j’ai commencée à l’âge de 13 ans. Puis je suis passée à la natation en 2007, car j’avais moins le temps de m’exercer à la natation synchronisée. Après deux mois sans nager après être arrivée ici, j’ai pété un câble ! D’autant que j’en faisais 10 heures par semaine quand j’étais au lycée ! Du coup, je me suis inscrite au club de natation de Belfort.

« Je me sens bien dans l’eau… J’aime le goût de l’effort et même si c’est dur, à la fin le travail est forcément récompensé »

Ta passion a donc évolué vers la natation ? Oui, la nage libre notamment. J’ai gagné des médailles sur des compétitions en eaux libres, comme celle obtenue en 2016 dans la catégorie « amateur », en Île-de-France, sur une étape de la Coupe de France d’eau libre organisée dans le bassin de la Villette. Je me suis mise au triathlon également depuis 2015. J’ai fait deux fois celui de Belfort, dont le dernier en 2016, et ceux de Dole et de Vesoul[3].

D’où vient cette passion ? J’ai toujours aimé l’eau, mais je ne saurais pas expliquer pourquoi. Je réclamais déjà à mes parents d’entrer dans un club dès l’âge de 5 ou 6 ans. Je me sens bien dans l’eau… J’aime le goût de l’effort et même si c’est dur, à la fin le travail est forcément récompensé. Quant au goût du triathlon, je le dois certainement à mon séjour au Danemark. J’avais du mal à avoir accès à une piscine, donc j’ai commencé à courir. Et j’ai adoré ça alors que j’avais dit « jamais » ! (Rires) Et quand à mon retour j’en ai eu un peu marre de ne faire que de la natation, j’ai rejoint le club très sympa de Belfort, le « Tri Lion », et j’ai accroché !

[1]   . du département Conception optimisation modélisation en mécanique – COMM – du laboratoire Interdisciplinaire Carnot de Bourgogne – ICB – (UMR CNRS 6303)
[2]   . Edison Engineering Development Program
[3]   . Respectivement dans le Jura et en Haute-Saône

Crédits

Un article de : Camille Pons
Crédits photos : Etienne Kopp
Plus de photos sur notre galerie Flickr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.