L’esprit maker : la liberté pour credo

Les structures se multiplient : FabLab, LivingLab, OpenLab et autres laboratoires communautaires mettent en avant la créativité, l’innovation et le partage, et encouragent de nouvelles façons de concevoir et de fabriquer. L’esprit maker souffle sur chacune d’elles, un vent que l’UTBM juge favorable et souhaite propager auprès du plus grand nombre.

Une totale liberté de créer et d’innover…

Do It Yourself, Do It with Others… débrouillardise, partage et innovation règnent sur ces anglicismes, et sur d’autres encore, comme Hakerspace, ce « laboratoire ouvert » où des logiciels libres d’exploitation, des équipements et des matériels gratuits sont mis à la disposition de l’ensemble d’une communauté, œuvrant pour l’essentiel autour du domaine de l’informatique. C’est dans cette veine que sont nés les FabLabs, où se développent des activités centrées sur des domaines scientifiques ou technologiques plus larges, comme la mécanique ou l’électrotechnique. De là les structures s’étoffent encore : les FabLabs se spécialisent par thématiques, travaillent en réseau, s’adjoignent des services complémentaires… Et Lab devient un suffixe et se décline, comme dans LivingLab, un endroit où l’on teste des concepts et des applications, ou OpenLab, une structure globale regroupant différentes activités complémentaires, comme celle installée à l’UTBM. « Tous sont des lieux parfaits pour développer l’esprit maker, estime Olivier Lamotte, responsable de l’OpenLab de l’UTBM, qui précise : quel que soit l’endroit où se fixent ces structures, comme ici dans une université, elles se doivent d’être ouvertes à tous les publics et ne peuvent limiter leurs membres à une catégorie de personnes ». Une règle de base inscrite dans leur charte, tout comme la liste du matériel qui doit être mis à disposition, et une philosophie axée sur l’entraide, la mutualisation de compétences, et le partage de formation et d’informations.

… dans le respect des règles

Olivier Lamotte précise cette façon de voir : « L’esprit maker ne signifie pas seulement échanger de bons procédés et se débrouiller pour trouver une solution à un problème particulier. Il s’agit avant tout de chercher à créer, à innover ». Les activités économiques ou commerciales liées au développement de nouveaux dispositifs ou concepts sont une résultante somme toute assez logique du système, et ont aujourd’hui tendance à se multiplier. « Cela n’est pas contraire aux principes énoncés dans la charte, qui indique cependant que ces aspects commerciaux doivent profiter à la communauté d’origine. » Le retour peut être d’ordre financier, avec par exemple l’achat de matériel, se traduire par la mise à disposition d’ouvrages, de plans, de nouveaux logiciels…

Un des symboles de l’esprit maker est la carte Arduino, une carte électronique dont les schémas sont publiés en licence libre. Arduino a cassé la confidentialité habituellement attachée à la mise au point des circuits imprimés, en livrant ses schémas sur internet, de la même manière que le font les éditeurs de logiciels libres. La marque est devenue incontournable, ayant pour seule exigence d’être citée lorsque sa licence est utilisée. Les plans de base peuvent être modifiés selon les applications recherchées, domotique, robotique ou toute autre configuration technologique, les modifications appartenant alors à l’utilisateur. Née à la suite de la licence gratuite, une version professionnelle a été éditée. Sa commercialisation assure un retour financier, de même que le conseil, l’assistance, la publicité éditée sur le site, les dons…

OpenLab and Co

Opérationnel depuis six mois, l’OpenLab de l’UTBM va s’agrandir après la réalisation de travaux à l’automne prochain, et verra sa surface atteindre 1500 m² début 2020. Sa gestion va dans un futur proche être confiée à un manager, et les autorisations sont en cours pour répondre aux exigences administratives et juridiques qui se posent classiquement dès lors qu’une structure publique reçoit dans ses murs d’autres usagers que les siens, qu’il s’agisse de particuliers ou de professionnels. L’OpenLab participe activement à l’organisation de la deuxième édition de l’Innovation Crunch Time, ainsi qu’à la réalisation d’un projet de FabLab mobile, qui sillonnera les routes pour mettre à la disposition de tous les ressources et les compétences de différentes structures régionales structurées en réseau. Et ainsi répandre l’esprit maker dans l’Arc jurassien franco-suisse…

Crédits

Un article de : Catherine Tondu
Crédits photos : UTBM / DR

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.